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A Venise, Roman Polanski impose avec puissance son récit de l'affaire Dreyfus



Dans «J’accuse», Jean Dujardin interprète Georges Picquart, l'officier d’état-major, artisan de la révision du procès. Un film indispensable.

Par Thomas Sotinel Publié aujourd’hui à 00h50

Temps de Lecture 3 min.

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Extrait de «J’accuse» de Roman Polanski, avec Jean Dujardin.
Extrait de «J’accuse» de Roman Polanski, avec Jean Dujardin. GUY FERRANDIS / LEGENDE GAUMONT

Roman Polanski n’était pas sur le Lido de Venise, le 30 août, pour la projection de J'accuse. Depuis son arrestation en 2009 par la police suisse à la demande des autorités judiciaires américaines, à l'occasion d’un déplacement au festival de Zurich, le réalisateur du pianiste évite de franchir les frontières de ses deux pays, la France et Pologne.

Pendant les deux premiers jours de cette 76e Mostra de Venise, le bruit du débat autour de la présence de J'accuse en compétition avait couvert les autres conversations. Après avoir déclaré qu’elle ne souhaitait pas «Célébrer» Roman Polanski, condamné pour détournement de mineure et toujours accusé de viol par les tribunaux californiens, la présidente du jury, la cinéaste argentine Lucrecia Martel, and dû publier un communiqué dans lequel elle se défendait de toute partialité à l'encontre du film.

Dans le Journal professionnel Hollywoodien Variety le coproducteur italien du film Luca Barbareschi avait évoqué le retrait du film face à l’hostilité de la présidente. L'une des questions posées par l’crivain Pascal Bruckner à Roman Polanski dans le dossier de presse de J'accuse, publié à l'ccasion du festival, n’était pas non plus de nature à apaiser les esprits: «En tant que juif pourchassé pendant la guerre, que cinéaste persécuté par les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe d’aujourd’hui? »

Finalement, J'accuse a forcé le respect de la presse et des professionnels, auxquels étaient réservées les premières projections. Quoi que lon pense du statute juridique actuel de Roman Polanski, son vingt-deuxième long-métrage se rend indispensable à force de rigueur et de beauté.

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Depuis plus de sept ans, le cinéaste voulait évoquer l'affaire Dreyfus. Sur un scénario du romancier britannique Robert Harris (dont une première version est devenue un livre, D.), il le fait à travelers la figure de Georges Picquart, l'officier d’état-major devenu chef des services secrets français a la lendemain de la première condamnation du capitaine Alfred Dreyfus pour haute trahison, artisan de la révision du procès.

Personnage complexe


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